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de 420 à 6310
De Tena et sa jungle à 420 m d'altidude ...
...nous avons roulé jusqu'à Riobamba et sommes allé nous promener à 6310 m.
L'Equateur est décidemment un pays très varié ! On vous en dit plus depuis Cuenca où nous serons d'ici 3 ou 4 jours.
Latitude Zéro !
Le 5 mai nous quittons Ipialès et notre hôtel comme à notre habitude: il est passé 11h lorsque nous arrivons au poste frontière entre la Colombie et l'Equateur. Un dernier repas pour écouler nos pesos et après avoir fait tamponner nos passeports nous entrons dans notre 26 ème pays sans aucun problème ; on nous avait prédit des fouilles côté Colombiens mais nous n'aurons eu droit qu'à un "¡Que le vaya bien ! ¡Mucha suerte !" - "Bon voyage et bonne chance !" de la part des douaniers :)
On continue sur le même rythme qu'en Colombie. Un passage à 3300 mètres, un descente jusqu'à 2000m et on recommence... Les paysages sont un peu plus monotones, beaucoup de champs cultivés qui donne un air de patchwork aux collines qui nous entourent. Quelques jolis passages quand même ...

On retrouve aussi une ambiance de propagande politique digne de l'asie centrale et qui sent bon l'abus de pouvoir : des centaines de panneaux estampillés des différents ministères vantent les prouesses du gouvernement actuel comparés aux 4 précédents. Un exemple parmis tant d'autres :
"Pour le logement, 11 fois plus d'investissement que les 4 gouvernements précédents réunis ! Nous faisons l'histoire !"
Rien que ça ... Des fois on comprend vraiment rien au socialisme moderne, si le président Correa est si fort que ça, à quoi ça sert de dépenser des millions en campagne de pub ??
Après deux jours un peu gris nous arrivons à Otavalo, petite ville réputée pour son marché artisanal coloré. Nous nous y rendront le lundi matin, mais l'ambiance est encore très endormie et le marché ne commence à s'animer que vers 10h. Chapeaux, bijoux, sacs, vêtements traditionnels ou maillots de foot, nous n'avons besoin de rien mais c'est agréable de se promener au milieu des étals.
Nous quitterons Otavalo et son marché dans le milieu de la journée, Quito n'est plus très loin mais nous mettrons 2 jours pour rejoindre la capitale. En deux jours, nous passerons les 32'000 kilomètres et presque du même coup la ligne de l'équateur. Pas le pays, mais bien le milieu du monde comme ils sont fier de nous rappeler par ici. Instant magique ou nous passons de l'hémisphère nord au sud, du printemps à l'automne. Troisième fois depuis le début de notre voyage que nous passons l'équateur, mais les deux première fois c'était en bateau.

Latitude zéro à vélo !
Nous arriverons à Quito en début d'après-midi avec une dernière montée à 12% et, comme les jours précédents avec un nombre incroyable de bus à moitié vides. Forcément, à 25 centimes le litre de diesel, ils ne font pas vraiment la course au remplissage et vue la fumée noir qu'ils dégagent, le test anti-pollution ne doit pas trop les embêter non plus ... Quand on dit que d'avoir du pétrole rend bête ... (l'Equateur à quelques millions de barils de réserves sous terre ...) Nos poumons s'en souviendront d'autant plus que le pot d'échappement est souvent du côté droit ...
Nous ne raffolons pas des villes, d'amérique du sud où d'ailleurs, mais là c'est loin d'être agréable. La circulation, l'inflation des prix et le bruit ce n'est vraiment pas notre tasse de ... café. En plus, en route des gamins nous ont lancé des pierres sous le regard amusé d'adultes et le lendemain Eric se fait piquer son casque posé sur son vélo après moins d'une minute d'inattention ... Ambiance ... On se promet de ne pas remettre les pieds dans une grande ville. Sauf imprévu nous ne verront donc ni Lima, ni La Paz, ni Santiago... Nous sommes venus pour les montagnes, dans les montagnes on restera ...
Heureusement le deuxième jour alors que nous attendons sagement à un feu rouge avec nos vélos, nous nous faisons héler par un couple de cyclistes du coin. Axel et Andrea font partie de la communauté warmshowers et nous invitent sur le champ chez eux. Ils ont pour projet de rallier la Chine en partant du Portugal avec leur petite fille, Luana qui n'a que 3 mois. Alors en attendant qu'elle soit plus grande ils hébergent des cyclos. Ils nous racontent leur voyage de l'Alaska à Ushuaia (fait séparément) et nous leur donnons quelques conseils pour l'Asie Centrale. Nous passerons 3 nuits dans leur joli petit appartement d'où nous repartirons demain en direction de Tena. Un peu de jungle, quelques volcans à plus de 5000 mètres et encore plus de poulet rôti, tel est notre lot quotidien dans ce petit pays d'amérique.
¡ Adios Colombia !
Le 29 avril 2012, nous repartons à 4 de Popayan avec Jen et Dave qui sont en voyage de noces. Originaires de Vancouver au Canada, ils ont traversé les USA et l'Amérique Centrale et sont maintenant en route pour Buenos Aires en Argentine. C'est un vrai plaisir de rouler à nouveau avec des cyclos, mais eux sont très légers et donc très, très rapides. Les paysages changent et les plaines de cannes à sucre d'il y a quelques jours ne sont plus qu'un lointain souvenir.

Maintenant nous sommes vraiment dans les Andes, les montagnes sont superbes, mais qu'est-ce qu'il fait chaud ! On passe d'un petit 25° de ce matin à Popayan qui est située à 1800 mètres d'altitude, à un méchant 47° à El Bordo, quelques 1000 mètres plus bas. Mais vous vous en doutez, la chaleur ne durera pas, parce que forcément, la route remonte de plus belle... 1000m de dénivelé en moyenne par jour, comme la montée de l'Alpe d'Huez. Mais quelle route !

Les villages sont plus espacés les uns des autres, on voit des cactus et moins de champs cultivés, mais nous sommes sur un petit nuage, heureux de découvrir cette région de Colombie qui sera sans doute une de nos préférées.


En fin d'après-midi, nos amis Canadiens décident de se prendre une chambre dans un hôtel de la bourgade que nous traversons, nous on préfère continuer et camper. Mais comme souvent en Colombie, nous aurons de la peine à trouver un terrain plat et non cloturé, alors on finira par planter la tente dans une aire touristique avec piscine, 12km plus loin. Un saut dans l'eau fraiche plus tard, il est déjà l'heure de nous mettre au lit. Nous sommes proche de l'equateur, et la nuit tombe vite par ici. 18h15 il fait noir, 20h30 c'est extinction des feux.
Pour profiter un peu de la fraicheur et de plus de lumière, on décidera de se lever tôt le lendemain matin. Réveil à 5h30, départ vers 7h, ce rythme nous va bien. Nous retrouverons Jen et Dave à l'heure de notre deuxième petit-déjeuner et nous passerons une nouvelle journée à rouler ensemble.
A l'heure de nous poser ce soir, une petite pluie fine nous accompagne. La chaleur de la journée et le dénivelé nous fatigue, on roule sur le petit plateau depuis quelques kilomètres et on ne dépasse pas les 5 km/h. Il n'y a plus de maisons depuis longtemps alors quand on voit un restaurant au loin on décide de faire une pause. Sous un auvent il y a déjà une tente de montée et un joyeux "Bonjour" nous accueil. Nous faisons la connaissance de Jean-Luc, retraité français qui réalise sont vieux rêve de faire Carracas (Vénézuela) - Ushuaia (Argentine). ca nous fait du bien de discuter en français, et nous sommes admiratifs de Jean-Luc qui en est à son deuxième essai. En effet, il y a un an déjà, il était au Vénézuela mais après seulement 150 km un accident l'a forcé à un retour en France. 9 mois plus tard, remis et plus motivé que jamais, il remet ça ! Nous partageons une belle soirée à 5 et espérons le recroiser sur la route.

Les deux jours qui vont suivre nous ferons réaliser une nouvelle fois de la chance que nous avons de voyager à vélo. Ces deux jours à eux seuls seront synonymes de la réussite de notre tournée en Amérique du Sud.
Les montagnes nous donnent le vertiges, les gens qui nous accueillent sont d'une gentillesse rare, nous avons la forme, les kilomètres défilent, les montées et les descentes aussi et nous réalisons que nous avons bien fait de faire tout ce chemin pour venir découvrir ce coin du monde.

Nous demanderons l'autorisation pour camper les deux soirs. Parce que c'est difficile de trouver un coin tranquille, et parce que c'est beaucoup plus sûr, dans cette région du pays qui connait encore parfois des troubles avec la guerillas.
Contrôle de police sur la route
Nous arriverons à Ipialès le 3 mai avant midi. Jen et Dave étant vraiment trop rapide pour nous, nous les avons laisser partir devant. Nous passerons une journée de pause ici en allant visiter l'église de Las Lajas et à manger des glaces sur la place du village. La Colombie aura été une belle surprise. Nous ne sommes pas prêt d'oublier le sourire des gens, leur gentillesse toujours sincère, les boulangeries, les poulets-frites et bien sur les montagnes. Mais c'est pour ça qu'on est là. De la montagne, on en redemande, et on va en avoir ! Prochaine étape, Quito, capitale de l'Equateur, après quelques montagnes russes entre 1500m et 3000 mètres d'altitude.
Adios Colombia, et merci !

Pour le (double) plaisir ...
Alors vite fait pour rassurer tout le monde après les derniers évènements en Colombie : on est à Ipialès, à 6km de l'Equateur et TOUT VA BIEN !!! On s'est fait toute la route depuis Popayan, genre 5000m de dénivelé, mais les gens étaient toujours aussi sympas, nous laissaient camper chez eux et les paysages étaient tout simplement magnifiques. On en dit plus quand les photos seront passées de l'appareil à l'ordi. Mais en attendant, on s'octroie un jour de pause ici, on aime bien les colombiens et on ne sait pas ce qui nous attend 6km plus loin

Par contre, suite au dernier commentaire d'un certain Quentin à propos de cette inoubliable expérience, je ne résiste pas au plaisir de partager et commenter un article visible sur les sites de la BNP et de La Croix
Extrait choisi :
" ...
La charge de récolter les procurations à l’étranger incombe aux équipes des ambassades. Ce qui n’est pas sans poser problème lorsque l’on se trouve dans un pays de 2'700'000 km² comme le Kazakhstan et qu’il faut récupérer celles des Français résidant chez le voisin kirghize. « J’ai fait 600 kilomètres en une journée pour aller à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, récupérer des procurations », soupire Jeannick Blaise-Durand, consule adjointe à Almaty, l’ancienne capitale kazakhe.
Et il vaut mieux ne pas manquer cette tournée consulaire, car seuls deux bureaux de vote, à Almaty et Astana, la capitale actuelle, seront mis en place au cœur de ces vastes steppes d’Asie centrale. « J’avais envoyé un mail à tous les membres de la communauté pour leur demander où ils souhaitaient que l’on organise le vote. Je n’ai reçu que deux réponses… », se désole-t-elle.
..."
Immanquable ...
Donc, si on en croit le journaliste qui l'a interviewée, Mme Blaise Durand a tout d'abord du mal à encaisser les 600km de route effectués dans la journée. Ceux qui font ça tous les jours pour gagner une misère pourraient lui répondre : "Mais ma ptite dame, vous êtes pas morte ? Vous êtes pas en prison pour la vie ? Alors c'est quoi vot' problème ? Vous vous êtes pas fait racketter à la frontière au moins ?"
Elle se désole ensuite de n'avoir reçu que deux réponses à son email ! Pour ce point là, j'ai des informations de première main et je m'étonne même qu'elle ait reçu 2 réponses ! Suite à mon vague problème de racket, l'email et les 2 (deux) relances que j'avais adressés au consulat étaient restés sans réponse. Et lors de ma visite au consulat, Mme Blaise Durand en personne m'avait expliqué pourquoi : elle n'avait reçu aucun des 3 messages car : "les boites (ndlr : email) elles sont pleines alors c'est vraiment pas la peine de les utiliser ... (énervée)" !!
On peut donc en conclure que après avoir reçu 2 réponses concernant les bureaux de vote, la boite email du consulat était à nouveau pleine ! (Oui, la boite mail du consulat est bizarre, elle sature rapidement ...).
Si toutefois ce problème de boite mail a été réglé au consulat, le faible taux de réponse peut aussi s'expliquer par les bonnes habitudes que le consulat à inculqué aux expatriés locaux : ne pas répondre aux emails considérés comme inutiles. En effet, si Mme Blaise Durand trouve pénible de faire 600km de route (dans un pays grand comme 4 fois la France), il y avait de toutes manières peu de chance que le consulat se donne la peine d'ouvrir un bureau de vote à plus de 50km de Almaty ou Astana ... Donner son avis était probablement une pure perte de temps ...
Fin de mon analyse personnelle de ce bel article.
A nouveau, si quelqu'un pense que mes propos tombe sous le coup de la loi contre les "outrages à agent public", ou autre, merci de m'en faire part, je corrigerai le tir au plus vite, dans la limite de mes moyens de communication. (mais d'ailleurs, existe-t-il une loi contre les "outrages PAR agent public" ?)
Et pour finir, si quelqu'un a une expérience positive à partager à propos des services consulaires français à Almaty, je serai très heureux de la publier et d'annoncer enfin une amélioration de ce côté là.
Aller, nous on va manger un "pollo - papas a la frances" (poulet rôti et frites).
Anecdote : le poulet est parfois rôti depuis longtemps et il est donc recuit par friture avant d'être servi pour être sûr de tuer toutes les bactéries qui ont eu le temps de se développer ...
Mais on aime quand même :D
PS de Lydie : Moi qui pensais en avoir terminé avec la thérapie "post-Jeannick" je peux tout reprendre à zéro ... Mince de mine, il tremble toujours autant en pensant à elle.
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